Génèse du boitier Bettarini

Publié le 12 août 2012 | Posté dans Technique

Alors là, attention, c'est du lourd ! Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le boitier Bettarini ! Oui, oui le boitier mythique de la renaissance au grand public de Panerai, le boitier de la luminor...

Génèse du boitier Luminor, époque Pré-Vendôme, 1993-1997

 

En 1993 la société Officine Panerai Spa décide de lancer les modèles Luminor avec les références 5218 201A (nombre). Les modèles PVD 202A et 203A devaient être destinés aux marchés militiares mais la Marine Royale italienne ne donnera pas de suite à cette commande et les montres vont se retrouver sur la marché publique. Alessandro Bettarini était en charge du design chez Panerai à cette période et c’est à lui à qui nous devons la forme de ces boitiers bien connus des ristis que nous sommes.
Ces montres ont été assemblées en Suisse dans l’entreprise des frères Guénat, Monstres Valgine, jusqu’à la référence 5218-207A.
L’Officine va ensuite lancer une nouvelle série de 500 montres Luminor référencées 209A, 210A qui auraient due être tirées respectivement à 150 et 350 exemplaires.
Cette nouvelle série devait inaugurer le nouveau système d’attache de strap avec la longue vis qui équipe encore nos montres actuellement.

Boitier Bettarini 01Système vissage strap PréV (209A,210A > aujourd’hui) 

 

Boitier Bettarini 02Système de vissage straps PréV (201A>207A) 

 

Ces modèles 209 et 210 ont été assemblés en Italie par différents sous traitants.
Coro spa étant le nouveau sous traitant pour les boitiers, Croem prenait en charge les diverses pièces détachées du boitier dont le fameux protège couronne symbole de la marque et les Montres Valgine conservèrent la partie mouvements et cadrans.

Finalement ce seront 12 pièces en 209A et 2 exemplaires de 210A qui sortiront des ateliers de l’Officine avant…. le rachat par Cartier.

Nous reviendron plus tard sur les 218 et 206…

Dans cette période Pré Vendôme, les boîtiers ont donc été fabriqués par deux fournisseurs différent, Valgine (201A > 207A) et Coro (209A, 210A et 218A).
Ce changement de fournisseur expliquerait alors les différences de d’aspect du PVD entre les 202/203 et les 210.
Il est même question de différences d’aspect entre les 202 et les 203 pourtant toutes deux conçues chez le même fournisseur…doit on conclure à une évolution dans le procédé de « pévédisation » ?
Ceci étant, la réf 203A reste une référence pour la solidité de son traitement.
Il y aurait eu 2 batch pour la 202/A ce qui expliquerait les différences de PVD :
- 1ère série après les 201/A : 90 exemplaires et 10 prototypes
-2ème série après les 203/A : 50 exemplaires et le même procédé de PVD que les 203/A.

Période PréA, apparition des 6500 :

La production de Luminor et Luminor Marina continue sous l’ère Cartier avec les premières la première série de boîtiers référencés 6500 pour les PréA1, 2, 3, 4, 9 et 10.
On pourrait raisonnablement penser que ces premiers boîtiers 6500 seraient en fait le stock de boitiers PréV qui devaient servir à boucler le lot de 210 et 209.
En effet selon Dino Zei la production des boitiers qui devaient servir à la production de cette série de 500 pièces était bien terminée au moment du rachat par Cartier.
Ensuite, ça s’enchaine. La société Coro se fait sortir du partenariat de production de boitiers. Apparement pour des problèmes de qualité selon la rumeur.

Le groupe Cartier lui préfère Croem (Fabiano Alessi) pour poursuivre la production du lot de 1000 montres Luminor (base et Marina).
Celle ci reprendra avec les boitiers 6502 après la production d’un lot de 400 boîtiers 6501 pour les chronographe Maré Nostrum connues sous les réf 6, 7 et 8.

Outre le changement de fabriquant, on peut légitimement se demander ce qui différencie un boîtier 6500 d’un 6502 ?
Une grande question qui trouve non pas une mais des réponses dans de petits, voir très petits détails.
Comme souvent chez Panerai, c’est le détail qui fait la différence.

D’infimes évolution de conception ont effectivement été relevées entre les 6500 et les 6502.

Premier point : la forme de l’extrémité des cornes,
Voir photos ci dessous.

Boitier Bettarini 03PréA9 6500 vs PAM9A

Boitier Bettarini 04PréA9 6500 corne plate

Boitier Bettarini 05

Vous constaterez que les les extremités des cornes du boitiers 6500 sont plus plates que celles du 6502 plus rondes, moins nettes dans la découpe.
On peut étendre le comparatif au boitier PréV Valgine… même constat, chez Coro (6500) c’est auguleux, taillé à la hache! Ci dessous une 202A et la PréA9 (6500)

Boitier Bettarini 06Boitier Bettarini 04

Point 2 : la netteté des formes justement.
Ci dessous une réelle différence à mes yeux au niveau de la lunette. La forme de l’arrête est aussi plus nette sur le 6500 et très sensiblement plus fondue sur le 6502.

Boitier Bettarini 07PréA9 6500 vs PAM9A 

Point 3 : l’aspect du PVD.
Celui ci est plus gris et tire sur le bleu avec des lumière intense alors que celui du 6502 est bien plus noir et tire vers le gris en lumière intense.

Boitier Bettarini 08PréA9 6500 vs PAM9A 6502

La différence de teinte est tout aussi marquée entre les PréV produits par Valgine (ci dessous une 202A) et le 6500 de chez Coro.

Boitier Bettarini 09202A vs PréA9 6500

Point 4 : l’axe de rotation du levier sur le protège couronne est de couleur acier sur les PréV et sur les 6500 et de couleur noir PVD sur les 6502.

Boitier Bettarini 08PréA9 6500 vs PAM9A  6502

Point 5 : le protège couronne
Celui des 6500 serait rond que celui des 6502.

Boitier Bettarini 10

 

Point 6 : les anses et la carrure
La différence d'épaisseur des anses se remarque sur la photo comparative entre la 202 et la préA9-6500. Très bruts sur les préV. 

Boitier Bettarini 09

On constate aussi une différence au niveau de la zone de support des anses entre les Valgine (ici la 202A) et les Coro (6500) :

Boitier Bettarini 11

Hormis ces points, je n’ai pas retrouvé d’autres commentaires sur la toile au sujet de différences qui pourraient nous permettre de distinguer ces deux références de boitiers.
Reste à creuser la question de la typographie.

La période PréA s’achève par la production de 300 boitiers 6502 « A » .
Sauf erreur, ceux ci sont parfaitement identiques aux 6502 à ceci près que la lettre A précède le n° de série sur le caseback. Il y aura donc eu 1300 Lumior sous l’ère PréA dont :

- 400 boites 6500
- 400 MN en 6501
- 600 boitiers 6502
- 300 boitiers 6502A

Les repères et numéros de série 6500/6502 :

Il est important de souligner que les 4 derniers chiffres du numéros de série à des 6500 commençant par le préfixe BB 97 correspond précisément à son n°de millésime comptabilisé sur 1000 (pour les 1000 première Luminor PréA)

Ensuite les pour les 6502 il faut retrancher les 400 MN qui sont venues s’intercaler entre les deux batch de Luminor pour retrouver ce n° de millésime.

Pour les 6502A, il faut soustraire 1400 au n° de série pour vérifier le n° de millésime (1000 premières Luminor+400MN)

Selon mes recherches on pourrait se repérer selon les bornes de n° de série suivants :

- 400 boites 6500 : BB 97 0001 à BB 97 550
- 400 MN en 6501 : BB 97 0550 à BB 97 949
- 600 boitiers 6502 : BB 970950 à BB 971400 ???
- 300 boitiers 6502A : BB971400 à BB971700 ???


Une traçabilité bien pratique qui ne se retrouve plus aujourd’hui dans les production actuelle…

Des doutent persistent néanmoins.
En effet pour les 6500, il devait y avoir près de 400 boîtiers de prévus et le n° de série va jusqu’à BB97550 ?
Autre point sur les 6502A produites à 300 exemplaires, le n° de millésime se rapporte à un dénominateur de 1000 ?

Par la suite les boites 6502 vont être ''éclatées" en diverses nouvelles références :

> 6518 pour les PAM1&3B,
> 6519 pour la PAM 4B,
> 6520 pour les PAM2 & 10
>6521 pour sa consoeur PAM9B.

Je vous remets ci-dessous le tableau de cette ramification opérée en année B lors du passage au Luminova :

MODELES / ANNEE ANNEE A ANNEE B
PAM 2 (Base /SS) 500 (6502) 700 (6502/6520)
PAM 9 (Base/PVD) 250 (6502) 400 (6502/6521)
PAM 10 (Base/blanc/SS) 250 (6502) 400 (6502/6520)
PAM 1 (Marina/ SS) 900 (6502) 1500 (6502/6518)
PAM 3 (Marina/blanc/SS) 250 (6502) 699 (6502/6518)
PAM 4 (Marina/PVD) 350 (6502) 800 (6502/6519)
PAM 22 (Destro/PSS) 100 (6504 / 100% Tdials) 300 (6504 :xxx /6522 :xxx)
PAM 26 (Destro/PVD) 95 (6504 / 100% Tdials) 200 ( 6504 : 50T/6523 :10T&140L)

Conclusion :


Comme vous l'aurez compris, les différences entre les 6500 et 6502 restent très discrètes et encre faut il avoir le nez dessus pour s'en rendre compte. Rien de flagrant.
On pourrait je pense conclure qu'il y a eu trois périodes pour les boitiers, les Valgine jusqu'à la 207A, les Coro pour la fin de l'ère Vendôme et jusqu'au 400 premiers boitiers Cartier 6500 et le reste avec pour point de pépart les 6502.
Les 6500 sont ils plus "collectionnables" que les 6502 ?
Compte tenu des faibles évolutions de style, la différence de prix en vaut elle le coup ?
Peut on dire que les montres équipées de 6500 seraient des hybrides de PréA/PréV ?


J’espère que ce post vous pemettra de mieux comprendre les particularités entre ces deux références de boites très prisées des collectionneurs.

 

 

Crédits photos : Sub et Sam de paneristi.com